Il paraît que je suis sarcastique... Ca me ferait rire!
People tell me I'm sarcastic... hahaha!

mardi 11 novembre 2008

dragon's dream come true

She pushes away her quilt in a grump and painfully gets out of bed. She’s already late for her date but she couldn’t care less. She lets the kettle scream for a little while before she tears it out of the stove. In front of the mirror, she fashions a killer look.
When she gets in her car, her door knocks the van next to her. It leaves a little dent in the paint. She makes a mental note to find another parking spot when she comes back.
She was supposed to meet up with her new flirt more than an hour ago. Going now would make her late for her whole day. He’s probably gone already anyway. And if he’s still waiting, well then he’s a fool who needs to get a life. She doesn’t want to go on a date with a fool who needs to get a life. He’ll realise that she won’t show up, sooner or later.

At the till, she finally changes her mind. The saleswoman made a not-so-nice comment about her waist, in the changing room. She doesn’t want the jumper she’s already paid for, and would like the trousers in a different colour. The saleswoman cancels the transaction, puts the jumper on the side, and sends her colleague to get a new pair of trousers. She doesn’t like the new colour, she’ll take the first pair. She’d like the jumper, also, actually, but with the V-neck. The saleswoman complies with her wishes. She pays. She looks in the bag. These trousers weren’t a good idea, in the end. She hands them back to the saleswoman, saying that she’ll take the jumper though. And a necklace. The one with the big beads over there. Can you go get it for me. When she’s just about to leave she notices that one of the beads is slightly chipped. She asks for a discount.

She doesn’t stop when the Unicef bloke tries to make her donate for his cause. Does he really think he can save the world with ten names on a list and 80€? A young show-off deliberately bumps against her. She hurries her pace a little to catch up with the high-heeled bitch and grabs her arm. Hey there, they didn’t teach you to apologise when you knock into someone, at Dior’s? Just because your beautician works hard on your spots three hours a week for the daily income of Angola doesn’t mean you can do anything you want. And also, young lady, if you can’t walk in stilettos, just wear flats, it’ll spare you a lot of public shame. Apparently, they didn’t teach you that either, at Dior’s… See, it’s no good being loaded when you’re stupid, it just brings attention on things you should want to hide. And by the way, people have stopped wearing jackets this colour about 20 years ago, even when they’re from Dior.

She sees that it’s time to go to work. Her class starts in fifteen minutes. This group is such a drag. They’re amorphous and they don’t understand a thing. She takes the direction opposite to the school. They’ll have to do without her today.
In her car on the way back, she tells herself that she won’t get what soothes her down today, yet again. She puts on a CD, and closes her eyes. She lets the music and her blind car lead her into the traffic.

La vie rêvée des démons

Dans un soupir ronchon, elle repousse la couette et s’extirpe du lit. Elle est déjà à la bourre pour son rendez-vous. Elle s’en fout éperdument. Elle laisse la bouilloire hurler un temps avant de l’arracher à la plaque. Devant le miroir, elle se fait un regard de femme fatale.
En montant dans sa voiture, elle cogne la camionnette à côté avec sa portière. Ca laisse une marque dans la peinture. Elle note mentalement qu’elle devra trouver une autre place de parking en rentrant.
Elle aurait dû rejoindre son nouveau flirt il y a un peu plus d’une heure. Y aller maintenant la mettrait en retard pour tout le reste de sa journée. De toute façon, il y a de fortes chances pour que le mec soit déjà parti. D’ailleurs s’il attend encore à cette heure-ci, c’est que c’est un imbécile qui n’a pas de vie. Elle n’a pas envie d’un rendez-vous avec un imbécile qui n’a pas de vie. Il se rendra compte tout seul qu’elle ne viendra pas.

Arrivée à la caisse, elle change finalement d’avis. Dans la cabine, la vendeuse a fait un commentaire peu flatteur sur son tour de taille. Elle ne veut plus du pull qu’elle a déjà payé, par contre elle aimerait une autre couleur pour le pantalon. La vendeuse annule l’achat, met le pull de côté, envoie sa collègue chercher un nouveau pantalon. La nouvelle couleur ne lui plaît pas, elle va reprendre le premier. Elle voudrait aussi le pull, en fait, mais avec l’encolure en V. La vendeuse accède à ses désirs. Elle règle. Elle regarde dans le sac. Finalement, ce pantalon c’était pas une bonne idée. Elle le tend à la vendeuse, en disant qu’elle ne va prendre que le pull, et un collier aussi. Avec les grosses perles, là. Vous allez me le chercher. Au moment de partir, elle réalise que le collier a une perle ébréchée. Elle exige une ristourne.

Elle ne s’arrête pas quand le jeune homme de l’Unicef lui demande de cotiser pour sa cause. Il s’imagine vraiment sauver le monde avec dix signatures et 80€? Une petite bourgeoise de moins de 20 ans la bouscule sans ménagement. Elle presse un peu le pas pour arriver au niveau de la pouffe à talons hauts. Elle l’attrape fermement par le bras. Dis donc, on t’a pas appris à dire pardon chez Dior ? C’est pas parce que ton esthéticienne passe trois heures chaque semaine à cacher ton acné au prix fort que tout t’est permis partout jeune fille ! Et quand on ne sait pas marcher avec des stilettos, on met des talons plats, ça évite souvent le ridicule public. Ca non plus ils te l’ont pas appris, chez Dior. Finalement, tu vois, ça sert pas à grand chose d’être riche quand on est conne, juste à attirer l’attention sur ce que tu devrais cacher. Et soit dit en passant, une veste de cette couleur, ça ne se porte plus depuis environ 20 ans, même si elle sort de chez Dior.

Elle réalise qu’il est temps qu’elle aille bosser. Son cours démarre dans un quart d’heure. Ce groupe l’emmerde. Ils sont amorphes, et en plus ils ne comprennent rien. Elle prend la direction opposée de l’école. Ils se débrouilleront sans elle aujourd’hui.
Dans sa voiture sur le chemin du retour, elle se dit qu’aujourd’hui encore, ce qui la calme n’arrivera pas. Elle met un disque et ferme les yeux, se laissant porter par la musique et la trajectoire aveugle de la voiture au milieu du trafic.

mardi 21 octobre 2008

Mais c'est à moi, ça!

Mais que se passe-t'il? Sont-ils tous tombés sur la tête...?

Mon bouclier contre le monde hostile qui m'entoure, habituellement, est un subtil mélange d'ironie parfois acide et de grands sourires.

Pourtant, depuis quelques temps et à ma grande stupéfaction, plus rien ne tourne rond.

Rien qu'aujourd'hui, par exemple... Tout était pourtant bien parti pour une bonne journée merdique comme on les aime: réveil une heure en retard, petit-dèj avalé en 5 minutes, cheveux crades toute la matinée, pluie torrentielle au moment de partir cet après-midi.
Mais rien à faire, la conseillère ANPE m'a gentiment expliqué comment magouiller pour être étudiante ET demandeuse d'emploi. Ensuite le chauffeur de bus était particulièrement guilleret et aimable, il s'est même levé de son siège pour donner un mouchoir à quelqu'un au fond du véhicule. Comme si ça ne suffisait pas, les gens de Lampertheim ont répondu à mes questions avec presque une pointe d'enthousiasme, et je suis repartie avec 7 bretzels offerts. Et pour couronner le tout, grâce à une inconnue qui avait raté le bus comme moi, je suis rentrée sur Strasbourg à l'oeil dans un car de ramassage scolaire!

Si j'élargis un peu le spectre spacio-temporel de ces considérations, d'autres événements viennent bousculer ma conception du monde.
Ainsi, dans le tram, une maman au pur look Pimkie slim blanc dans les bottes blanches à lacets, regard creux dans le visage bouffi, coudes sur les genoux écartés et portable au centre de l'attention et de la gravité de l'ensemble. Son mioche joue avec des pokémons pendant que la petite, dans sa poussette, bave sur un carambar probablement plus vieux qu'elle. Soudain, la gamine me voit, me vise, et d'un geste de la main, me propose de m'asseoir sur le siège resté vacant à côté de son frère. Je décline poliment. Le frère, lui, se tourne vers sa mère toujours plongée avec grâce dans ses textos, et demande d'une voix candide: "Maman, quand on donne son âme, ça veut dire qu'on est mort?" Ce à quoi la mère réplique, sèche et résignée: "Je réponds pas à des questions aussi cons!"

A Saverne (mais la même scène a pu être observée à Strasbourg pendant quelques jours), les pompes funebres savent attirer le client:


Le panneau affiche " parce que la vie est déjà assez chère..."

Enfin, en me baladant sur Le Grand BaZART, je suis tombée sur une vidéo de "air sex". C'est comme du "air guitar", sauf qu'on fait pas semblant de jouer de la guitare.

Bon, bilan des courses! Les gens sont devenus serviables et disponibles dans leurs rapports quotidiens. Le monde est devenu ironique au point de laisser des petites lascarettes engendrer des enfants pleins de sagesse, et de pratiquer le sarcasme sur des sujets aussi tabous que la mort et le sexe.

Alors je fais quoi, moi, maintenant qu'on m' a piqué mes jouets??

J'estime que j'ai rempli ma mission sur terre et je deviens une midinette qui pleure devant les téléfilms où les dauphins de l'amour ont mal pendant que Jean-Jacques Goldmann chante une chanson qui me correspond tellement...? Je me sens spoliée et fais un procès-fleuve à la société pour que tout rentre dans l'ordre? Je rentre dans les ordres? Je me fais tatouer? ...?



vendredi 3 octobre 2008

perfect day

It's such a perfect day
And I'm glad I spent it with you.
Oh, such a perfect day,
You just keep me hanging on.